Galerie Maubert

Beyond

Yann Kersalé, Nøne Futbol Club, Maxime Chanson, Lionel Sabatté, Adrien Couvrat, Nicolas Daubanes, Alain Jacquet, Gal Weinstein, Shahar Marcus, Payram,

Performances : Manuela Morgaine / ORAKL


30 janvier - 5 avril 2014

Être artiste, c’est aller « au-delà ».

Renouveler la forme. Nous entrainer dans un univers singulier, foncer sans préjuger dans la matière, fouiller, remettre en question les mystères qui nous entourent.

S’engager.

C’est l’objet de cette nouvelle exposition collective de la Galerie Maubert : l’étude de cette volonté de dépassement comme moteur de création.

Quand Alain Jacquet brise la ligne et par ricochet l’image, c’est pour rompre avec des siècles d’histoire de l’art mettant en avant la continuité. Au delà d’un pointillisme naïf qui voudrait retrouver l’illusion de nature, Alain Jacquet va plus loin et plonge notre regard dans le vide de l’interstice. Au delà du point, l’image. Au delà de l’image, le point. Chez le peintre Adrien Couvrat, à chaque position dans l’espace, va correspondre une image différente pour le regardeur. De l’image unique à l’image démultipliée, on rentre au niveau de la particule d’acrylique pour toucher à la couleur, et, comme le soufflerait Goethe, à la lumière, au sacré.

On retrouve ici l’une des essences même de l’art : toucher au sacré. Aujourd’hui, en sus de le représenter, de manière iconique ou abstraite, les artistes veulent le maîtriser. Démiurges des temps moderne, ils sculptent la lumière comme le plasticien Yann Kersalé ou le feu comme le vidéaste israélien, Gal Weinstein. Alchimistes, ils expérimentent la transformation de la matière, comme chez le photographe iranien Payram, qui étudie l’interaction entre la peau et la lumière, les visages et les astres.

Les artistes peuvent alors questionner, les limites de la matière, que ce soit dans les sculptures de poussière de Lionel Sabatté, ou les dessins à la limaille de fer et les membranes fantomatiques de Nicolas Daubanes. Une façon de lier le monde d’en bas à d’en haut, libre. Le réel au fantastique. L’immuable au périssable. Quand Nøne Futbol Club recrée le cycle de la lune avec des tapis de bain, ou que l’israélien, Shahar Markus imite le saut dans le vide d’Yves Klein mais depuis un pas de porte, nous sommes bien dans la désacralisation de sujets qui devaient nous emmener « au delà » du visible et du fini.

L’image elle-même est remise en question, ainsi que l’objet d’art. Avec surprise, on redécouvre un nouvel objet d’art issu de la dé-sacralisation de l’art. Une volonté des artistes d’analyser les codes du monde de l’art et dépasser les formes classiques, comme le défend le récent lauréat du Salon de Montrouge 2012, Maxime Chanson. Une étape nécessaire pour avancer et « aller au delà de l’art ».