Outretemps

Du 12 mai au 11 juin 2016

 

Atsunobu Kohira, exposition personnelle

 

Dossier de presse

 

 

 

 

Quand on ferme les yeux, les fleurs dansent.

 

Tout s’endort après la danse, même le ciel.

 

Les ancêtres se réveillent, maintenant.

 

Quand on ouvre les yeux, le mirage apparaît.

 

Atsunobu Kohira

 

METAMORPHOSES par Michel Nuridsany

 

Atsunobu Kohira, je l’ai connu il y a 15 ans, alors qu’il étudiait encore aux Beaux-Arts. J’avais créé un rendez-vous au Passage de Retz chaque année en septembre pour exposer des artistes à la sortie de leur école. Il avait montré des vêtements trempés dans du ciment, séchés, durcis. Façon de garder une trace. D’arrêter le temps peut-être.

Quel rapport avec l’exposition que voilà ? Le temps justement. Le temps qui gouverne l’oeuvre de Kohira depuis toujours, qui s’alentit là pour épouser le rythme de la matière, lent et plus que lent mais pas inexistant, qui se déploie sur des centaines, des milliers d’années, par cycles, s’inscrivant dans la grande aventure des métamorphoses. Cette matière se décompose, se recompose, se fait humus, se concentre, explose, se fait charbon, devient énergie, CO2. Se transforme. Vit. «L’écosystème tout entier m’intéresse», dit Atsunobu Kohira.

A l’entrée, au fond de la galerie, une photo. L’artiste montre là non pas exactement le bouquet d’Ikebana réalisé par le grand maître Shuho, mais des entrelacs lumineux, une trace des gestes qui permettent de réaliser une harmonie subtile entre vase, branches, feuilles et fleurs. Rien d’arrêté dans cette image fixe mais une façon de représenter les mouvements des mains et du corps du maître à l’oeuvre. Work in progress, dit-on, figures de ballet ou révélation des renversements qui s’opèrent entre visible et invisible.

Devant cet Ikebana revisité, sur un socle, des fleurs séchées s’inscrivent dans des polyèdres aux allures de molécules faits de graphite. Au sous-sol et sous la terre cela pourrira et pullulera ou se disséminera. Dessous veillent Perséphone et Hadès en leur royaume où la mort n’existe que comme état transitoire vers la résurrection. Le travail d’Atsunobu Kohira, ici, nous entraine dans des circulations. Le carbone, deviendra-t-il diamant ou charbon, choisira-t-il fragilité et compacité entre tous les possibles ?

A la descente de l’escalier un morceau de lapis lazuli tourne lentement sur un plateau sous l’objectif d’un microscope retransmettant par, LED sur une boite lumineuse, une image qui se fond en lumière et la restitue au ciel. Circulations.

Dans le prolongement, un diptyque donne à voir des traces de pieds et de mains, formant  des dessins réalisés par frottement de colophane, matière étrange obtenue à partir de la résine de pin qui, se solidifiant, déploie des propriétés dont la rugosité permet au chausson de danse de ne pas glisser et à l’archet sur lequel on l’applique de faire chanter la corde du violon.

Dans la pièce du fond, trois photos réalisées à l’aide d’un microscope à balayage électronique figurent des paysages dont on ne sait s’ils appartiennent au futur ou au passé, à de la matière en train de se constituer ou de se défaire. Le temps se trouble, répudie toute fixité. Divague. 

Partout, ici, des mouvements, transformations à l’oeuvre, des métamorphoses; ce qui, jamais fixé, avance et va.

 

 

 

 

 

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