Le carré dans le carré

du 8 décembre 2016 au 28 janvier 2017

 

Artistes : Joachim Bandau, Joël Denot, Nathalie Elemento, Sara Favriau, Jéremie Paul

 

Dossier de presse

 

 

Joachim Bandau, Kammer, acier, 40x40x25 cm, 1980/83

 

 

 

« Le Carré dans le Carré » est avant tout une aventure collective pour retrouver « l’Oeuvre dans l’Oeuvre ». Les artistes s’y engagent pour décortiquer la forme : fouiller, assembler, superposer, déployer.  Les lignes s’alternent, apparaissent, disparaissent. Le sujet se dédouble. L’œuvre s’enrichit. Les artistes collaborent.

 

Le cube disparu
Joachim Bandau questionne la forme enfouie, celle qui apparaît quand on tente de la faire disparaître. Les Schwartz-Aquarelle, conçues dès 1985, sont de fines et transparentes couches d’aquarelle gris clair qui se superposent par strates : des lignes naissent de ces aplats, et au plus les couches se chevauchent, se cachent, s’empilent les unes sur les autres, au plus la forme apparaît par la densité de la peinture, l’intensité du noir. Joachim Bandau travaille ainsi la perception dans la disparition, créant perspective et mouvement, comme des carrés autonomes se déplaçant dans toutes les directions de l’espace, oscillant du sombre à l’évanescent, évoquant le flou de photographies en mouvement.
Entre 1978 et 1980, Joachim Bandau conçoit une série de Bunkers, petites sculptures en métal déposées au sol, qui présentent sur certains de leurs côtés des ouvertures suggérant des espaces invisibles et inaccessibles. Composées de plusieurs modules, imbriquées et démontables, réunis en monolithes ou dispersés au sol, ces sculptures déclinent les affects de protection et d’attaque, de repli ou d’expansion. Elles renferment des configurations internes complexes, comme Kammer, 1980/83, bunker d’acier qui une fois complètement refermé en un cube plein, contient en son cœur un cube vide. « Le cube dans le cube » : enfouir la forme, éloigner le sujet pour susciter les interrogations du regardeur.
 
La forme déployée

Les sculptures de Nathalie Elemento sont de véritables « architectures intérieures » qui mêlent à la fois des éléments de mobilier et autres objets d’usage dont elle questionne le sens. Elle propose une représentation de ces objets issus de « l’habité » et de « l’habitat », en exprimant un repositionnement de la forme. Dessins et sculptures présentées dans l’exposition sont issus de cette tentation du pliage. Pour Nathalie Elemento, plier, c’est dédoubler. Mettre en «forme» plutôt que déformer. Déployer l’objet autant que le sujet.
Le photographe Joël Denot expérimente la lumière en détournant les techniques photographiques, notamment celle du polaroïd, dans de complexes allers retours qui se jouent à l’intérieur de l’appareil-même. D’une maîtrise parfaite de la saturation, naît un ensemble abstrait de carrés lumineux qui s’élèvent et se déploient. L’idée n’est pas de « faire une image », mais de regarder ce qu’il reste : des rapports de couleurs et de lumière. Parfois le corps, auteur et sujet à la fois, apparaît en filigrane, comme produit ultime de l’histoire de l’art qui subsiste quand tout image disparaît. « Le sujet dans le sujet ». L’abandon du sujet.

 

L’aller-retour dans la matière
Jéremie Paul prend le sujet de manière littéral : peindre des carrés de soie. Le Carré de Jéremie est comme une toile blanche et pure, peinte de fins motifs végétaux. « Le motif dans le motif ». Par la délicatesse des matières, le bouquet – une référence dans le travail de Jérémie Paul – reprend vie dans les reflets de soi(e). « La matière dans la matière ». Le geste noble qui a créé cette composition florale est une référence aux gestes raffinés des Lady Boys mexicains prostitués, rencontrés alors que l’artiste était en résidence à El Laboratorio, à Oaxaca. Avec sophistication, ils s’épongent le visage avec des mouchoirs de soie.

 

La mise en abime
Sara Favriau propose pour cette exposition un ensemble de nouvelles œuvres déclinées à partir du carré, prolongeant finalement son travail autour de la mise en abime. La plasticienne fait ressurgir les formes oubliées pour mieux les imbriquer en s’appuyant sur le socle de l’histoire de l’art. Elle confronte les matières pour détourner les gestes traditionnels du sculpteur et proposer une lecture par strate de ses oeuvres. Notamment ses poutres de bois sciées par couches fines et alternées qui révèlent autant une structure rigide, qu’un empilement en mouvement. Sara Favriau croise également les médiums, les discipline, et se prête à la collaboration : une œuvre créée en duo avec Jérémie Paul, passée de main en main, dans une succession d’étapes mêlant les gestes de sculpteur et de peintre. Une pièce à la temporalité anarchique, puisque créée tour à tour, taillée successivement par l’un puis par l’autre, peinte, abandonnée, resculptée… pour finalement trouver la place juste et vraie de l’œuvre créée à quatre mains. « Le carré dans la carré » devient alors « le geste dans le geste », et finalement « l’œuvre dans l’œuvre ».

 

 

 

 

 

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