26 rue du Départ

du 6 mai au 27 juin 2015

 

 

Artistes :   Joachim Bandau, Troika, Sara Favriau, Charlotte Charbonnel, Manon Bellet

 

Dossier de presse

 

Paul Klee : « L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible ».

 

Un poids. Un équilibre. Une chute. Un épanchement. Un retrait. Une déchirure. Une brulure.
 
Etre un artiste contemporain et vouloir toucher à l’abstraction, participer à son renouveau, ne veut pas pour autant dire mettre de coté la matière. Bien au contraire... comme pour s’excuser de vouloir abandonner le réel, ses figures et ses objets tangibles.
« 26 rue du départ », c’est l’adresse de l’atelier de Piet Mondrian. Le berceau de l’abstraction, là où au début des années 20, l’artiste invente un langage universel à partir de formes géométriques et de couleurs primaires. On y retrouve, dispersés, une armoire peinte en noire, une table carré rouge, des cartons rectangulaires blancs et gris. C’est grâce au poids de ces objets colorés que Mondrian, en les manipulant, percera le secret de l’harmonie des formes et de l’équilibre des couleurs.
 
La matière est au centre du processus créatif, qu’elle en soit le medium final ou un simple outil d’aide à la création. Elle n’est pas qu’un pigment déposé passivement sur une toile en vue de représenter un système de l’esprit.  Sa masse guide le geste. Sa répartition dans l’espace, sa diffusion dans le temps, sont autant de pistes de réflexion pour un artiste désireux d’expérimenter autant que de montrer.

 

Troika, trio d’artistes basés à Londres, brouille notre perception des formes et notre expérience de l’espace. A partir de la matière du quotidien (la diffusion d’une encre noire sur le papier et sa transformation colorée, le foudroiement d’une toile, le passage de suie de bougie le long d’obstacles…), Troika manipule notre savoir et remet en question les hypothèses qui nous poussent à considérer comme vrai et réel ce que l’on perçoit. Une abstraction déchiffrée par la matière. Chez Troïka, ce qui subsiste est le dialogue entre la surface des choses et ce qui réside en profondeur et interpénètre sans cesse avec le monde qui l’entoure. L’impermanence s’avère permanente, et la permanence se révèle instable.
Joachim Bandau est un des pionniers du minimalisme européen. Dans les années 70, il dépose ses sculptures au sol (série des Bunkers), témoignant ici du poids de la matière (plomb et acier) et d’une volonté de dissimuler les formes sous sa sculpture.
Depuis les années 1990, il emploie l’aquarelle pour donner forme à des blocs de matière, comme une masse en train de s’ériger. Des formes apparaissent, l’espace se divise selon le point de vue du spectateur. On peut également y voir des films photographiques accidentellement décalés, aux contours brouillés par des mouvements soudains et erratiques. Ou bien des éclats de verre étalés comme des cartes en éventail. Une façon pour Bandau d’exprimer l’engloutissement, le passage d’un espace à un autre. Mais toujours cette volonté de révéler la forme dans l’abstraction de la matière.
Sara Favriau joue sur le détournement des formes de notre quotidien à travers leurs traces dans la matière. Elle les recompose dans une nouvelle abstraction qui guide l’imaginaire du regardeur.
Charlotte Charbonnel propose un nouveau chemin plastique à travers la matière qui invite le spectateur à remettre en cause toutes ses propres certitudes et à découvrir un monde crée de toute pièce.
Le travail de Manon Bellet se passe de la figuration du monde et ne présente le visible qu’au terme d’une soustraction. Pourtant à chaque image des figures sensibles émergent, sans que l’on puisse déterminer si elles se forment à même le papier où si notre œil les assemble à la surface de l’œuvre.

 

 

 

 

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